Archives Mensuelles: juillet 2012

It’s time to Noon

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Pollen – Jeff Noon
Cover by Corinne Billon

« Obscurité. L’obscurité était une respiration de fleur. »

Manchester. Des nuées de pollen envahissent la ville. La mort étrange d’un homme-chien dont les poumons sont devenus le terreau d’une fleur. La fuite passionnelle d’une X-Cab rebelle dans les méandres de ses propres contradictions. La quête et l’amour inconditionnel d’une mère prête à affronter la mort jusqu’à Sir John Barleycorn. La crise d’un monde où rêve signifie Vurt, et où les contes, de facto, se meurent.

A chaque Noon, c’est un plongeon total.

Immersion comme je les aime, aucune explication « gratuite » ou simpliste ; c’est au lecteur de prendre le tourbillon et de saisir au bon moment tel ou tel appui et de perpétuellement rebondir.

Noon a le sens du merveilleux et même si ce livre n’est pas classé en jeunesse ou conte, on sent une écriture légère, néanmoins franche, qui nous fait retomber dans ces mondes puérils, avec la force et la noirceur que convoient trop naturellement la vie adulte.

Noon nous fait même ressentir l’ambiance du temps de partage entre un parent et son enfant, le soir avant que ce dernier s’endorme (ou afin que celui-ci daigne ENFIN dormir – #supposition_de_situation_réelle). On se sent comme materné, jusque dans le cœur de l’histoire, où Sybil nous accompagnerait dans ce monde hostile, nous rassurant de sa force tranquille et de sa douceur infinie.

Noon nous fait replonger dans l’enfance, sans même que nous en rendions compte.

Et pourtant, ses mondes sont loin d’être ceux traditionnellement racontés aux jeunes enfants intréprides…

Ce roman est à évidemment lier à Vurt, partageant le même imaginaire, à savoir un monde en plein crackage, où pour rêver les gens s’enfoncent des plumes dans la gorge, où ombres chiens hommes et robots se mêlent à armes égales dans un combat pour (ou contre) la pureté, le tout orchestré dans un Manchester complétement revisité.

Si vous voulez suivre les Chevaliers du Speed, et aller jusqu’à chercher au delà des rêves transcendants le réel… Rentrez dans le Vurt.

Vurt – Jeff Noon
Cover by Corinne Billon

And kiff the wave, baby.

(Et, vous l’aurez peut-être dores et déjà deviné, c’est de la production La Volte.)

Ah ben oui on se refait pas… 😉

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Critique Aucun Souvenir Assez Solide – Alain Damasio

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Illustration de couverture : Stéphanie Apparicio.

Aucun souvenir assez solide… Hormis celui de la trace d’un maestro du langage, d’une plume engagée à en entailler ces sociétés d’avenir, tantôt plongées dans une privatisation dominante du lexique disponible, tantôt noyées sous un flot lumineux permanent, dans ce spectre de contrôle ininterrompu de l’individu avilissant et pervers à souhait.

 

Damasio nous emmène au cœur des plus vives subversions, de ces garants de l’humanité et de la vibration, maîtres artistes, scribouilleurs entre autres chats. On y strie le monde, assumant tour à tour la quête de l’humain (en suivant un père cherchant sa fille jusqu’aux enfers ou celle d’un homme traquant un semblant d’humanité dans un Paris dévasté), comme celles de l’art au cœur (comme la force d’écrire à l’exponentiel palpable du monde le Livre, ou encore de combattre ses démons inspirateurs sur toile de furtivité.)

Ce recueil n’est pas un cocktail de la Horde du Contrevent relevée à la Zone du Dehors. Ces 10 nouvelles témoignent d’une course ininterrompue contre le médiocre thé tiède, au gré de défis d’écriture que l’auteur s’impose comme contraintes. Ce n’est pas pour autant qu’Alain Damasio verse dans l’universitairement fourché, rassurez-vous.

Le complexe permet, bien au contraire, la réflexe.

Courez !

C’est à La Volte, et dans toutes les plus respectables librairies !

« Saisissez les origines ici »

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« Et le maître libéra ses chaînes d’une seule et puissante Clé,
L’Âme en bord de cœur, la raison gargouillant les tripes,
et les peurs évanouies.

Confiance.     »

Parce que si cette histoire a lieu d’être, pour ce blog de naître, c’est avec la volonté de me souvenir de mes lectures. Me souvenir de ce pourquoi ces douces concaténations de mots enclenchèrent tout ce qui fait que j’en suis arrivé « ici » aujourd’hui. Avec ces remerciements-hommages à adresser à foule d’auteurs qui le méritent. Avec ces témoignages à aiguiser, à affiner selon l’envie. Avec ces potentielles velléités d’écriture que j’ai de plus en plus envie d’assumer. Puisque aucun souvenir n’est jamais assez solide.

Ce ne sera pas forcément facile, alors je vais essayer de rigoler pour que personne ne s’ennuie…

Très chers lecteurs, j’ai l’honneur de déclarer le Conscylliabule du Moustik’ ouvert !